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Les
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Traitement
de fond de la Sclérose Latérale Amyotrophique
On désigne
sous le terme de
traitement de fond
l’ensemble
des thérapeutiques
faisant appel à des
médicaments
ou des traitements
physiques qui concourent à contrôler
le processus évolutif
d’une maladie
par ailleurs très
variable dans son
mode de début
et son profil d’aggravation.
On peut schématiquement
distinguer le traitement
médicamenteux
et l’ensemble
des mesures ayant
pour objectif maintenir
un bon état
général.
Le
traitement médicamenteux
Il repose sur
l’utilisation conjointe, 2 fois par jour, du Riluzole (Rilutek)
dont les comprimés sécables sont dosés à 50 mg
et de Vitamine E dosée à 500 mg.
Le Riluzole exerce une action de ralentissement ou de stabilisation sur les
mécanismes de la SLA.
Il diminue les phénomènes d’emballement
de la neurotransmission des motoneurones en contrôlant la quantité de
Glutamate dans la fente synaptique et l’entrée des ions Calcium à l’intérieur
des cellules nerveuses (mécanismes
de la maladie).
En raison
de ses propriétés inhibant la neurotransmisssion et donc le
fonctionnement neuronal, on peut observer, en début de traitement,
une fatigue liée à la
prise du Riluzole.
On préfère donc une posologie de départ
réduite de moitié (1/2 cp soit 25 mg matin et soir) le temps « d’habituer » l’organisme à ce
traitement.
Cette fatigue, de même que les troubles digestifs que l’on
peut observer (nausées, accélération du transit intestinal….)
s’estompent spontanément dans la très grande majorité des
cas. Le cas échéant, on peut recourir à des anti-nauséeux
classiques (dompéridone) pour faciliter cette période initiale.
La surveillance sanguine des enzymes hépatiques qui est indispensable
en début de traitement, ne permet ni de prévoir, ni de surveiller
ces effets secondaires bénins du Riluzole ; elle a pour but de
détecter une éventuelle toxicité hépatique (hépatite
cytolytique) qui est elle, totalement asymptomatique à son stade précoce.
Cette hépatite est toujours réversible à l’arrêt
du traitement.
Le Tocophérol se prend également par voie orale.
Pour faciliter son administration, on peut être amené, dans certains
cas, à percer l’enveloppe des gélules pour en exprimer
le contenu qui peut alors être absorbé dans une crème ou
un yaourt. En dehors de ces 2 molécules dont l’efficacité a
fait l’objet d’essais thérapeutiques spécifiques,
aucun médicament ne peut être conseillé en tant que traitement
de la cause de la SLA. Un certain nombre de traitements dits « sauvages » sont
et seront proposés par le biais d’informations délivrées
sur le réseau, au cours de forums, etc : il est important
de garder à l’esprit que ces traitements non contrôlés
peuvent être inefficaces (ce qui est un moindre mal) mais également
aggravants au cours d’une maladie qui expose à une certaine fragilité vis à vis
des thérapeutiques agressives.
En effet, un certain nombre de motoneurones
encore fonctionnels peuvent basculer dans un processus de mort neuronale à l’occasion
d’un déséquilibre métabolique (nutritionnel) ou
de l’utilisation intempestive de certains traitements inappropriés.
Parmi eux, il faut mentionner certains immunosuppresseurs (dont les corticoïdes),
les stéroïdes anabolisants (hormones mâles) et les statines
(classe particulière d’hypocholestérolémiant).
Les essais thérapeutiques
A côté des traitements de fond dont l’efficacité est
prouvée, on peut être amené à proposer à un
patient de participer à un essai thérapeutique évaluant
l’effet d’une molécule en la comparant à un placebo
(c’est à dire à un comprimé ne contenant aucun principe
actif). L’existence d’un groupe de patients sous placebo constitue
une garantie d’aboutir à une réponse crédible à la
fin de l’essai thérapeutique et permet d’arrêter ce
même essai avant son terme en cas d’efficacité ou au contraire
de toxicité nette de la molécule testée apparaissant avant
la fin de la période d’évaluation.
Aspects
non médicamenteux
du traitement
de fond
Il existe,
en raison
du mécanisme de la SLA, un certain nombre de règles
d’hygiène de vie qui visent à préserver le capital
moteur laissé indemne par la maladie. Les motoneurones qui n’ont
pas basculé dans la cascade d’événements menant à la
mort cellulaire présentent néanmoins une certaine vulnérabilité qui
les expose à une altération plus rapide en cas de sollicitation
métabolique trop importante c’est à dire d’effort
musculaire inadapté. Pour cette raison, on recommande de rester systématiquement
en deçà du seuil de fatigue. Ce seuil varie d’un jour à l’autre
(parfois d’une heure à l’autre) et essayer de forcer dans
ce contexte est contreproductif si l’on considère que l’objectif
demeure le maintien du capital moteur.
En d’autres termes il ne s’agit
pas de considérer que le maintien coûte que coûte des capacités
physiques évitera une aggravation par manque d’entraînement
mais que le ménagement musculaire est le garant du maintien, à terme,
de la meilleure fonction musculaire possible.
De la même façon, le maintien d’un poids stable est recommandé.
Les régimes hypocaloriques et hypocholestérolémiants ne
sont pas souhaitables. Malgré la diminution objective des efforts musculaires
la balance énergétique (production d’énergie cellulaire à partir
de l’alimentation) reste souvent déficitaire ce qui se traduit,
globalement par une perte de poids. La nutrition doit donc être modifiée
de façon à s’adapter à la situation nouvelle créée
par la maladie. L’oxygénation doit également être
régulièrement surveillée par la mesure nocturne de la
saturation en oxygène (oxymétrie nocturne) en raison de son implication
dans le métabolisme énergétique cellulaire et de l’apparition
possible d’une dysfonction respiratoire.
Traitement
symptomatique de
la SLA
Traitements
à visée musculaire
Les
modifications de la
fonction musculaire
provoquées
par la maladie
peuvent induire
un certain nombre
de symptômes
accessibles à un
traitement spécifique.
- LES
CRAMPES : Elles
sont en général
peu douloureuses,
survenant
pour des efforts
modérés
et de durée
brève.
Si la gêne
est importante
on peut
utiliser
le Benzoate
de
quinine le
Magnésium.
-
LES FASCICULATIONS : Elles
ne constituent
en aucun cas
un marqueur permettant
de suivre l’évolution ou l’évolutivité de
la maladie. Elles n’aggravent pas la maladie mais sont souvent
vécues
de façon anxiogène. Elles sont plus fréquentes en
cas de stress, de fatigue, après un effort musculaire. Le Magnésium à forte
dose et les anxiolytiques sont en général efficaces.
- L’HYPERTONIE MUSCULAIRE : Egalement appelée
raideur musculaire ou spasticité, elle résulte de la dysfonction
du motoneurone central (Aire motrice corticale et faisceau cortico-spinal).
Elle est aggravée
par l’anxiété, l’émotion, les douleurs.
La rééducation fonctionnelle (en particulier les étirements)
permet de la diminuer. Les traitements antispastiques classiques (Baclofène,
Diazepam, Dantrolène) peuvent être utilisés pour
la combattre. Lorsque la spasticité gênante sur le plan
fonctionnel prédomine
sur certains muscles, on peut proposer de la supprimer électivement
en recourant aux traitements de médecine physique (bloc d’une
branche nerveuse, injection de toxine botulique en cas de test positif).
Traitement
des douleurs
Assez
rares,
elles peuvent
résulter
d’un
mécanisme
musculaire
ou articulaire et réagissent en général bien à une
combinaison d’antalgiques, d’anti-inflammatoires et de techniques
de rééducation fonctionnelle.
Les
troubles psychiques
La
SLA peut s’accompagner de
troubles du contrôle émotionnel
qui doivent être
expliqués
au patient et surtout à son
entourage. Il s’agit
d’une simple
baisse du seuil émotionnel
ou de phénomènes
de pleurs ou de
rires réflexes.
Un syndrome dépressif
peut y être
associé.
L’utilisation
de certains médicaments
psychotropes (Amitryptline,
antidépresseurs
inhibant la recapture
de la Sérotonine)
permet de diminuer
ou de supprimer
ces phénomènes.
Ces signes ne doivent
pas être
confondus avec
d’authentiques
troubles cognitifs
modifiant le comportement
dont la prise en
charge est différente
Les
troubles liés aux difficultés
de déglutition
Les
troubles moteurs peuvent,
inconstamment,
toucher
la fonction de déglutition
avec pour conséquence
une augmentation
de la salivation
qui conduit à l’utilisation
de médicaments
antisecréteurs
tels que certains
antidépresseurs
anticholinergiques
utilisés à faible
posologie. Une
adaptation de la
texture des repas
peut également
se révéler
nécessaire
pour minimiser
le risque de fausse-route
et permettre le
maintien d’une
ration
calorique
suffisante.
Les
troubles respiratoires
Leur
apparition n’est jamais
brutale. La surveillance
médicale
instituée
permet d’en
apprécier
le type et l’intensité.
Une attention particulière
doit être
portée aux
infections ORL
qui nécessitent
souvent un traitement
antibiotique précoce.
François
SALACHAS
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