Que
veulent dire les termes « sclérose
latérale amyotrophique » ?
L’appellation de SLA a été choisie pour décrire
des anomalies constatées au niveau microscopique (« sclérose » et « latérale »)
ou à l’œil nu (« amyotrophique »).
La « sclérose » désigne l’aspect
cicatriciel et fibreux du tissu nerveux en réaction à la dégénérescence
des motoneurones. « Latérale » se réfère à l’atteinte
des fibres issues du motoneurone central qui cheminent le long de la
partie latérale de la moelle. Enfin, « amyotrophique » se
rapporte à la fonte des muscles.
Qu’est-ce
qu’un neurone ?
Le neurone est une des cellules composant avec les cellules gliales le tissu
nerveux. Les neurones constituent l’unité fonctionnelle du système
nerveux et les cellules gliales assurent le soutien et la nutrition des cellules
nerveuses. Le système nerveux comprend environ cent milliards de neurones.
Le neurone est une cellule dite polarisée avec des prolongements qui
conduisent l’information et qui véhiculent des substances nécessaires
au bon fonctionnement de la cellule. Les dendrites sont des prolongements
centripètes allant de la périphérie vers le corps cellulaires.
Les axones sont centrifuges et vont du corps cellulaire vers la périphérie.
La jonction entre l’axone d’une cellule et les dendrites d’une
autre cellule est appelée synapse.
Qu’est-ce
qu’un motoneurone ?
Le neurone moteur également appelé motoneurone est une cellule
nerveuse spécialisée dans la commande des mouvements. Il existe
en fait deux grands types de neurones moteurs, le premier est dit central et
se situe dans le cerveau, il achemine le message initial du cerveau jusque
dans la moelle épinière. Le second, dit périphérique,
débute dans la moelle épinière et achemine le message
de la moelle épinière jusqu’aux muscles.
Dans les atteintes des neurones moteurs, seules les fonctions motrices sont
touchées, il n’existe donc pas de troubles sphinctériens,
de troubles de la sensibilité ni de troubles de l’intelligence.
Qu’est-ce
que la Sclérose Latérale
Amyotrophique ?
La Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) est une atteinte des
neurones moteurs centraux et périphériques. La SLA est aussi
appelée maladie de Charcot puisque c’est lui qui l’a décrite
en premier en 1865 à l’hôpital de la Salpetrière.
La définition de la SLA est clinique et repose sur une atteinte simultanée
des neurones moteurs centraux et périphériques. Elle a pour conséquence
une paralysie progressive des muscles et des troubles de la motricité.
Si l’on retrouve une atteinte isolée du motoneurone central ou
périphérique il s’agit vraisemblablement d’une autre
maladie..
Y
a-t-il plusieurs formes de SLA ?
En fonction du mode de début, on distingue : les formes bulbaires
avec l’apparition en premier de troubles de la parole ou de la déglutition
et les formes spinales (c'est-à-dire touchant la moelle épinière) avec
une apparition initiale sur un des membres.
Il existe des SLA dites monoméliques, qui ne touchent qu’un membre,
et une variante est la paralysie bulbaire pure qui ne touche que la déglutition
et la parole.
Quelle
est la cause de la SLA ?
Il n’y a pas de cause précise identifiée à l’heure
actuelle. Il existe plusieurs hypothèses pour expliquer la dégénérescence
du neurone moteur. Certaines sont en faveur de facteurs environnementaux, d’autres
des facteurs endogènes, c’est-à-dire de mécanismes
internes produits par l’organisme Aucune étude n’a pour
l’instant mis en évidence de mécanisme précis. Les études
qui ont été menées jusqu'à présent étaient
axées sur l’un ou l’autre facteurs. Ces recherches n’ayant
rien donné, des études sont menées pour déterminer
s’il existe des facteurs croisés entre les facteurs environnementaux
et endogènes.
La
SLA est-elle d’origine virale ?
Les similitudes entre poliomyélite et SLA, notamment l’atteinte
des motoneurones de la moelle épinière ont conduits à de
nombreuses recherches pour savoir si un virus pouvait être responsable.
Jusqu’à présent aucune donnée convaincante n’a été fournie.
Les
métaux lourds comme le plomb et le mercure
peuvent-ils être responsables ?
Là encore, il existe une atteinte des motoneurones de la moelle épinière
au cours des intoxications par les métaux lourds, notamment le chrome
et le plomb. Par analogie, de nombreuses recherches ont été faites
pour démontrer leur rôle possible dans l’atteinte des motoneurones
centraux et périphériques que l’on rencontre dans la SLA.
Aucune donnée convaincante n’a été fournie, mais
la question reste bien complexe d’autant que l’on sait que le dosage
des métaux lourds dans le sang ne reflète pas du tout leur taux
dans le système nerveux qui est totalement isolé du reste de
l’organisme.
On sait par contre que dans les intoxications aigues par ces métaux,
il n’y a pas plus de risque de déclencher dans les suites une
SLA.
Les
amalgames dentaires peuvent-ils êtres responsables
de la SLA ?
Rien n’a été démontré en ce sens. Il est
légitime de penser que des métaux lourds puissent être
la cause de la SLA comme dans d’autres maladies neurologiques, pourtant,
les études menées en ce domaine n’ont pas réussi à incriminer
les métaux.
Notre avis : il n’y a pas de risque démontré de
déclarer la SLA avec des plombages dentaires. Il est de plus important
de soigner ses dents même si on est atteint de SLA. Les dents participent
au bon fonctionnement du système digestif et peuvent être source
d’infections si elles sont négligées.
Quelle
est la fréquence de la maladie ?
En France le nombre de nouveaux cas par an (appelée incidence) est estimé à 1,5
cas pour 100 000 habitants. Cela représente 1000 nouveaux cas environs
par an en France, soit 3 nouveaux malades par jour. Il semblerait que tous
les cas de SLA ne soient pas détectés en raison du manque de
connaissance des médecins sur cette maladie ou du défaut d’utilisation
du système de santé par les malades.
La prévalence de la maladie (cas recensés dans une année)
est d’environ 10 pour 100 000 habitants soit environ 6000 cas en
France.
Notre avis : la SLA est la plus fréquente des
maladies dites rares, elle reste mal connue des professionnels de santé.
Ceci a conduit à la création des centres référents
SLA qui ont pour rôle le dépistage et le suivi des malades mais
aussi celui de conseil auprès des autres professionnels
Y
a-t-il des régions du monde plus touchées
que d’autres par la SLA ?
A proprement parler non. Toutes les études menées en ce sens
ont montrées que quel que soit le pays et les conditions de vie on retrouvait
le même pourcentage de malades dans la population. Il a existé une
population, sur l’île de Guam dans l’océan Pacifique,
dans laquelle ont a retrouvé un nombre plus important de malades. Ce
surnombre de malade s’expliquerait par un facteur alimentaire local.
Cette observation laisse à penser qu’il existerait dans certains
cas une cause environnementale à la SLA. Toutefois, les études
récentes montrent que cette forme particulière de maladie est
différente en fait de la SLA que nous observons.
La
SLA se
transmet-elle d’homme à homme ?
Non. La SLA n’est pas une maladie contagieuse. Il s’agit d’une
dégénérescence des neurones par un mécanisme qui
n’est pas complètement identifié.
Notre avis : Il n’y a pas de risque à fréquenter
une personne atteinte par cette maladie. Au contraire l’isolement vécu
est le plus souvent néfaste pour le moral des malades. Se sentir entouré est
indispensable et aide les patients à faire face à la maladie.
Y
a-t-il un risque que je transmette la SLA à mes
enfants ?
Dans l’immense majorité des cas (environ 92% des patients) la
maladie est dite sporadique car elle apparaît chez une personne dont
aucun membre de la famille n’était atteint. Il existe cependant
des formes dites familiale et dans ces formes on retrouve plusieurs personnes
de la même famille atteinte de SLA.
Dans ces familles, on retrouve plusieurs cas de SLA. Toutefois, la présence
de plusieurs cas dans une famille ne signifie pas qu’il existe obligatoirement
une mutation génétique responsable, c'est-à-dire une anomalie
d’un gène. Dans seulement 20% des cas familiaux il a été mis
en évidence une mutation d’un gène, celui du superoxyde
dismutase cuivre zinc dite SOD1. Cette observation a permis de créer
des souris atteintes de SLA qui permettent de mener des recherches sur la maladie
et de mieux en connaître les mécanismes.
Peut-on
détecter des membres de ma famille qui
seraient atteint de
la SLA alors que je suis moi-même
touché ?
Quand il n’y a pas d’autres cas dans la famille, le risque de mutation
est nul. Dans le cas de formes familiales, il vous sera sans doute proposé de
faire une enquête génétique, mais même dans ces formes,
le risque de trouver une mutation de la SOD1 est faible (20%).
Existe-t-il
d’autres maladies du motoneurone ?
Il existe plusieurs maladies du motoneurone. La plus fréquente après
la SLA est la SLP ou Sclérose Latérale Primitive où l’atteinte
ne concerne que le motoneurone central . D’autres maladies telles que
maladie de Kennedy ou les amyotrophies spinales se caractérisent par
des atteintes limitées au seul motoneurone périphérique.
Elles ont une évolution différente bien qu’elles partagent
des signes cliniques.
Y
a-t-il un rapport entre la SEP et la SLA ?
On fait souvent la confusion entre la SEP (sclérose en plaques) et la
SLA mais ce sont deux maladies totalement différentes. Leurs causes
et leurs conséquences sont différentes.
A savoir : la SEP est une affection dite dysimmunitaire
avec une anomalie du système immunitaire qui réagit contre un
des composants de la gaine des axones, la myéline. Il n’y a pas
d’anomalie immunitaire décelable dans la SLA
Le
stress, peut-il déclencher la SLA ?
Rien ne permet d’affirmer que le stress soit une cause de la SLA. Par
contre, comme dans toute autre maladie, trop de stress est néfaste car
il engendre des tensions psychiques qui nuisent à la capacité de
l’être humain de « faire face » à la
maladie et à s’adapter au handicap.
Notre avis : le stress est très à la mode
depuis plusieurs années et ce terme est un peu galvaudé de nos
jours. Il n’empêche qu’apprendre à se détendre
peut apporter de l’aide dans les souffrances psychiques qui peuvent apparaître
dans cette maladie.
Comment
lutter contre le stress ?
Vous pouvez utilisez les méthodes de relaxation qui pourront vous être
indiquées par les professionnels que vous rencontrerez. Avoir une vie
active, sociale et familiale aide aussi à « faire face » (du
terme coping en anglais).
Notre conseil : il n’y a pas de recette miracle
pour lutter contre le stress. C’est en fonction de votre personnalité et
de vos possibilités que vous trouverez la méthode qui vous convient
Marc Sidorok